L’IA générative s’est invitée dans la création de présentations. Trois ans après notre premier baromètre, nous avons réinterrogé des décideurs B2B pour mesurer ce qu’elle change réellement. Les résultats bousculent plusieurs idées reçues.
En 2023, notre premier baromètre s’ouvrait sur un constat simple : la présentation est devenue un exercice omniprésent dans la vie des entreprises, mais rarement à la hauteur des enjeux qu’elle porte. Trois ans plus tard, un nouvel acteur s’est invité dans cet exercice : l’intelligence artificielle générative.
En quelques mois, générer une présentation à partir d’un prompt est devenu un geste banal. La promesse est séduisante : moins de temps passé à assembler des slides, plus de temps pour l’essentiel. Cette promesse tient-elle ses engagements ? C’est la question à laquelle ce nouveau baromètre tente de répondre, en reprenant une large partie des questions posées en 2023 et en y ajoutant un chapitre entier consacré à l’IA.
Pour la première fois, nous pouvons comparer deux instantanés de l’entreprise française face à l’exercice de présentation, à trois ans d’intervalle et avec, cette fois, l’IA générative dans l’équation.
Les résultats confirment un principe qui reste, plus que jamais, au cœur de notre méthode : ce n’est pas l’outil qui convainc, c’est le raisonnement.
Qui a répondu à cette étude
Pour l’élaboration de ce rapport, les équipes de Prezman ont interrogé plusieurs dizaines de décideurs B2B, au deuxième trimestre 2026. L’étude a été menée en ligne, en France, auprès de répondants représentant une variété de secteurs, de fonctions et de tailles d’entreprise.
Comme en 2023, une large majorité des répondants viennent d’entreprises de taille conséquente : 32 % travaillent pour des entreprises de plus de 500 personnes, et 51 % pour des entreprises de plus de 50 personnes.

À la différence du panel 2023, la fonction marketing est cette année nettement surreprésentée : elle rassemble 61 % des répondants, contre 35 % en 2023, tandis que le poids des fonctions commerciales et de direction générale recule.

Ce changement de composition du panel doit être gardé en tête : il explique probablement une partie des écarts observés avec 2023, en particulier sur le ressenti vis-à-vis de l’exercice de présentation.
Les outils utilisés, et le rythme réel de l’exercice
PowerPoint reste, comme en 2023, l’outil dominant pour la création de supports : 63,4 % des répondants l’utilisent, loin devant Keynote et Google Slides (9,8 % chacun). Une IA générative est citée comme outil principal par 7,3 % des répondants. Un chiffre encore marginal, à mettre en regard du taux d’adoption ponctuel, très supérieur, détaillé plus loin.

- 53,6 % des répondants assistent à 5 réunions ou plus chaque semaine.
- 46,3 % présentent 5 fois ou plus par mois, soit plus d’une fois par semaine.
La présentation demeure un outil de travail quotidien plutôt qu’un exercice occasionnel. C’est précisément ce qui rend son efficacité (ou son inefficacité) si coûteuse pour l’entreprise.
La présentation, un moment stratégique
Notre baromètre 2023 posait déjà ce constat, et rien n’est venu le remettre en cause depuis : la présentation n’est pas un exercice accessoire. Très présente dans les processus commerciaux B2B, elle joue un rôle déterminant dans la persuasion des prospects, et la capacité des équipes à être convaincantes dans cet exercice a une influence directe sur la performance commerciale de l’entreprise. C’est vrai en présentiel ; cela l’est encore davantage à distance, un mode de relation commerciale durablement installé, qui intensifie la concurrence pour l’attention du public.
Au-delà du commercial, la présentation structure aussi les décisions internes : arbitrages stratégiques en comité de direction, validation d’un budget, alignement des équipes autour d’une feuille de route. Dans les deux cas, l’enjeu dépasse largement la forme du support : c’est la capacité de l’entreprise à embarquer ses interlocuteurs, clients ou collaborateurs, autour d’une décision.
Un besoin d’autant plus pressant que l’amélioration de l’efficacité des présentations peut avoir un impact conséquent sur la croissance. Améliorer l’efficacité des rendez-vous commerciaux, c’est améliorer le taux de conversion de prospect à client, et donc générer plus de chiffre d’affaires, sans augmenter les volumes en haut de funnel.

73 % des répondants utilisent les présentations pour présenter une offre à un prospect, et tout autant pour présenter des stratégies en interne. De ce point de vue, rien n’a changé depuis 2023 : la présentation reste le format de référence pour transmettre une décision, une stratégie ou une offre.
Ce qui a changé : le rapport à l’exercice
C’est le résultat le plus frappant de cette édition. Le sentiment associé à la création d’un support, point noir du baromètre 2023, s’est nettement inversé.

- « Une contrainte » pour qualifier la création d’un support : 45 % en 2023, 17,1 % en 2026.
- « Intéressant » devient le sentiment majoritaire face à la création : 12 % en 2023, 41,5 % en 2026.
- « Une contrainte » pour l’exercice de présenter n’est plus citée du tout : 35 % en 2023, 0 % en 2026.
Deux explications, non exclusives, permettent d’éclairer ce basculement.
La première tient à la composition du panel : la fonction marketing, très majoritaire cette année, est structurellement plus à l’aise avec l’exercice de création que la moyenne des fonctions de l’entreprise. D’un autre côté, l’arrivée de l’IA générative dans le processus de création a pu alléger la charge perçue de l’exercice, en le rendant plus rapide à démarrer, voire plus ludique pour certains profils.
Nos données ne permettent pas de trancher entre les deux, et il serait imprudent de le faire à ce stade : c’est un axe à investiguer dans les prochaines éditions du baromètre.
L’efficacité, elle, n’a pas bougé
Malgré ce changement de perception côté créateurs, l’efficacité perçue des présentations reste largement inchangée. Un écart de jugement qui rappelle celui de 2023, où seules 32 % des présentations étaient jugées convaincantes par leur audience.
- 46,3 % jugent les présentations auxquelles ils assistent moyennes ;
- 39 % les jugent correctes ;
- 14,6 % les jugent mauvaises.

Le défaut n° 1 des présentations reste le même qu’en 2023 : la surcharge d’informations. Et il s’aggrave : cité par 73 % des répondants en 2023, il atteint désormais 80,5 %. Un signal à retenir avant d’aborder le chapitre suivant : ce défaut entretient un lien direct avec la manière dont l’IA est utilisée aujourd’hui pour créer des slides.
À l’inverse, la hiérarchie des facteurs qui font la différence reste stable : une structure claire arrive en tête (82,9 %, contre 77 % en 2023), devant l’aisance de l’orateur et un design attractif.

La structure prime toujours sur la forme, un principe qui traverse les deux éditions du baromètre sans exception.
Les résultats sont d’ailleurs encourageants d’un certain point de vue : l’orateur n’est pas accusé de ne pas maîtriser son sujet, et son professionnalisme n’est pas remis en cause. Le problème se situe dans la manière de communiquer son message.
L’enjeu, pour gagner en efficacité et en pouvoir de persuasion, est d’être plus pertinent dans la stratégie de présentation : trouver comment et dans quel ordre présenter ses messages, le tout associé à un design soigné.
L’IA : une adoption déjà acquise
83 % des répondants ont déjà testé ou utilisent régulièrement l’IA pour générer leurs présentations. L’adoption est acquise, et rapide : seuls 2,4 % déclarent ne pas voir l’intérêt de l’IA pour cet usage. La question n’est donc plus de savoir si l’IA s’installe dans le processus de création, mais ce qu’elle y change concrètement.

La promesse du temps gagné, à l’épreuve des faits
Interrogés sur le gain de temps procuré par l’IA, les répondants se répartissent de façon presque égale entre perception faible et perception forte, sans dégager de consensus : 41,4 % estiment ce gain faible, 31,7 % le jugent élevé.

Le temps de préparation déclaré reste très proche de celui de 2023, avec une répartition presque superposable à celle d’il y a trois ans. La promesse de temps gagné, largement mise en avant par les éditeurs d’outils IA, ne se vérifie donc pas de façon nette dans les usages réels. L’IA a changé la manière de démarrer une présentation mais elle n’a pas mécaniquement réduit le temps qui y est consacré. Elle l’a seulement déplacé.
Sur la forme, la déception. Sur le fond, un potentiel réel.
L’idée reçue veut que l’IA excelle sur la forme et déçoive sur le fond. Nos résultats disent l’inverse.

61 % des répondants jugent le rendu visuel généré par l’IA « très imparfait », nécessitant d’être repris. À l’inverse, 56,1 % jugent le contenu généré « efficace », mais à une condition explicite : que le brief et le contenu de base aient été bien travaillés en amont. Un peu moins d’un tiers (29,3 %) juge au contraire le fond généré moins efficace qu’une présentation qu’ils auraient pensée eux-mêmes.
L’IA amplifie la qualité d’un raisonnement déjà construit, elle ne le remplace pas.
Un présentateur qui arrive avec un brief flou et un contenu mal structuré obtiendra une présentation floue et mal structurée, produite plus vite. C’est très exactement le principe qui fonde la méthode Prezman depuis 2015 : la qualité d’une présentation se joue dans la construction du raisonnement, bien avant l’ouverture du logiciel.
Le retour du trop-plein
Le cas d’usage jugé le plus pertinent pour l’IA est, presque terme pour terme, le défaut n° 1 des présentations.

Le rapprochement entre les deux résultats est difficile à ignorer. L’IA excelle à transformer un texte en slides, mais transformer un texte en slides n’est pas la même chose que décider ce qu’il faut en retirer.
Elle organise l’existant mais elle ne tranche pas. Or c’est précisément cet arbitrage (que garder, que couper, dans quel ordre) qui fait la différence entre une présentation claire et une présentation qui noie son audience.
Utilisée sans arbitrage éditorial, l’IA industrialise le défaut que notre panel identifie, édition après édition, comme le premier problème des présentations en entreprise.
Ce que les décideurs attendent vraiment de l’IA
Le classement des cas d’usage confirme ce diagnostic. Le potentiel de l’IA est jugé fort pour organiser et mettre en forme (75,6 %), pour relire et reformuler (56,1 %), ou pour nourrir une stratégie déjà briefée (56,1 %).

Il tombe en revanche à 24,4 % pour « générer une présentation efficace à partir d’un simple prompt », la promesse pourtant la plus mise en avant par les éditeurs d’outils IA depuis deux ans.
Les décideurs interrogés ne se laissent pas convaincre par le raccourci du prompt magique. Ils perçoivent, en creux, ce que notre méthode formalise depuis 2015 : aucun outil, aussi puissant soit-il, ne se substitue à la construction d’un raisonnement stratégique en amont de la création.
Une conclusion nuancée
Ce baromètre 2026 dresse un tableau plus nuancé que ne le laissait espérer le discours ambiant sur l’IA générative. L’adoption est réelle et rapide : plus de huit répondants sur dix ont déjà testé ou utilisent régulièrement l’IA pour créer leurs présentations. Mais le gain de temps promis ne se retrouve pas dans les chiffres, et la déception sur la forme visuelle contredit l’idée que l’IA aurait d’abord résolu le problème du design.
Le résultat le plus utile de cette étude est sans doute celui-ci : la qualité d’une présentation générée par IA dépend directement de la qualité du raisonnement fourni en amont. Bien briefée, l’IA amplifie un bon travail de structuration. Mal briefée, elle amplifie tout aussi vite l’absence de structure et alimente le défaut que notre panel identifie, année après année, comme le premier problème des présentations en entreprise : la surcharge d’informations.
Nous retrouvons ici, presque mot pour mot, la conclusion de notre baromètre 2023 : l’enjeu n’est pas l’outil, mais la stratégie de présentation qui précède sa mise en œuvre. Trois ans et une révolution technologique plus tard, ce principe n’a pas seulement résisté à l’épreuve des faits : les données de cette édition le confirment plus nettement encore.
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Prezman est une agence PowerPoint spécialisée en stratégie et en design de présentations, et nous accompagnons les plus grandes entreprises du monde dans la création de présentations pensées pour convaincre. Parlons de vos enjeux !
Méthodologie
Étude menée en ligne en France au deuxième trimestre 2026 auprès de plusieurs dizaines de décideurs B2B, représentant une variété de secteurs, de fonctions et de tailles d’entreprise. Les comparaisons 2023 s’appuient sur le premier baromètre Prezman. Panel limité : ces résultats constituent la photographie d’un échantillon à un instant donné, et non une vérité statistique à l’échelle nationale. Graphiques et données © Prezman 2026, reproduction autorisée avec mention de la source.