L’IA s’est imposée dans tous les processus professionnels et la création de présentations n’y échappe pas.
Il faut dire que la question est légitime : si ChatGPT peut rédiger un rapport, analyser un contrat ou générer du code, pourquoi ne pas lui demander de faire vos slides ?
Réponse courte : vous pouvez. Mais selon ce que vous lui demandez, vous allez soit gagner un temps précieux, soit produire une présentation qui ne convaincra personne.
Voici ce que l’IA peut réellement faire pour vos présentations… et où elle atteint ses limites.
Ce que les outils IA font bien
Les outils de génération de présentation se multiplient. Gamma, Beautiful.ai, Copilot, Claude pour PowerPoint… Tous promettent de créer des slides en quelques secondes à partir d’un prompt ou d’un document existant.
Et ils tiennent cette promesse. En quelques minutes, vous obtenez une présentation structurée, visuellement correcte, prête à être utilisée.
Dans certains cas, c’est exactement ce dont vous avez besoin. Bien qu’il faille généralement retravailler un peu le résultat, notamment si vous avez une charte graphique d’entreprise à respecter, pour un reporting interne, une présentation récurrente, un support de réunion ou une synthèse de documents, ces outils représentent un gain de temps réel. Ils gèrent la mise en page, proposent une structure lisible et réduisent le temps passé sur des tâches répétitives.
Le problème n’est pas là.
Pourquoi ça ne suffit pas dès que l’enjeu monte
Une présentation commerciale, une soutenance d’appel d’offres, un pitch deck stratégique ou une présentation en CODIR ne fonctionne pas comme un simple reporting. Elle ne sert pas à informer. Elle sert à convaincre.
Et convaincre, ce n’est pas aligner des arguments sous forme de bullet points sur des slides.
La recherche en psychologie du jugement et en sciences cognitives l’a démontré depuis plusieurs décennies : pour convaincre, une présentation efficace mobilise simultanément de nombreux mécanismes cérébraux.
L’audience ne traite pas l’information de manière rationnelle et exhaustive. Elle procède par raccourcis mentaux, biais de confirmation, effets d’ancrage… Elle juge d’abord le cadre dans lequel l’information lui est présentée, avant même d’évaluer les arguments.
Le framing effect de Kahneman et Tversky en est l’exemple le plus documenté. Lors d’une expérience, deux groupes d’étudiants se voyaient présenter un choix pour lutter contre une épidémie :
- Le groupe A devait choisir entre sauver 200 personnes sur 600 à coup sûr ou 1 chance sur 3 de sauver tout le monde.
- Le groupe B devait choisir entre laisser mourir 400 personnes ou 2 chances sur 3 de voir mourir 600 personnes.
Dans le groupe A, les étudiants évitent globalement le risque et choisissent de sauver 200 personnes.
Dans le groupe B, les étudiants refusent de « laisser mourir » 400 personnes et préfèrent tenter de sauver tout le monde.
Si statistiquement, les deux propositions sont les mêmes pour les groupes A et B, la façon de présenter les choix a eu un impact sur la décision prise par les étudiants.
Bref, on voit bien ici qu’une même information, présentée dans deux cadres différents, aboutit à des décisions opposées sans que le fond ne change d’un mot.
Mais ce n’est qu’un mécanisme parmi d’autres. La manière dont l’audience traite un discours dépend aussi de la séquence dans laquelle les idées lui sont présentées, de la charge cognitive à l’instant T (un auditoire surchargé décroche sans le dire), de la perception qu’elle a de son autonomie dans le jugement (car toute pression perçue déclenche une résistance, même face à un argument objectivement solide)… Bref, des mécanismes nombreux et complexes.
Or les outils d’IA générative, aussi performants soient-ils, n’opèrent à aucun de ces niveaux. Ils organisent du contenu. Ils mettent en forme des idées. Mais ils ne savent pas quel problème faire accepter à votre audience avant de présenter votre solution. Ils ne séquencent pas les informations pour que chaque étape valide la suivante. Ils ne calibrent pas la densité du discours pour maintenir l’engagement cognitif sans provoquer le décrochage.
C’est précisément ce travail, invisible dans le rendu final mais décisif pour atteindre votre but, que l’IA ne fait pas.
Les vrais usages de ChatGPT dans la préparation d’une présentation
Cela ne veut pas dire que ChatGPT, Claude, Perplexity ou Gemini sont inutiles. Bien au contraire. Mais leur valeur n’est pas tant dans la production des slides, que dans l’aide qu’ils peuvent apporter la phase préparatoire.
Et cette phase se décompose en trois niveaux.
1. Comprendre : votre audience, votre marché, vos concurrents
Avant de structurer une présentation, il faut comprendre le terrain.
Qui sont vos interlocuteurs ? Quelles sont leurs priorités ? Quelles objections vont-ils formuler ? Quelle est leur perception de votre offre aujourd’hui ?
L’IA est particulièrement efficace à ce stade. Elle peut analyser des verbatims d’appels commerciaux pour en extraire les motivations, les freins et les formulations récurrentes de vos personas. Elle peut synthétiser une étude de marché, cartographier les positions concurrentes ou identifier les angles d’attaque d’un secteur.
Ce travail de compréhension, qui peut prendre plusieurs jours en mode manuel, se réalise en quelques heures avec les bons outils et les bonnes instructions.
2. Structurer le raisonnement
C’est le niveau où l’IA apporte le plus de valeur… et où elle est le moins utilisée.
La plupart des gens demandent à ChatGPT un plan en X parties. C’est une erreur. Ce dont vous avez besoin, ce n’est pas juste d’un plan, c’est d’un raisonnement : une séquence argumentative qui part de la situation de votre audience, identifie le problème fondamental auquel elle est confrontée, et amène votre solution comme la seule réponse logique.
L’IA peut vous aider à construire cette séquence à condition que vous lui fournissiez les bons éléments de contexte : l’objectif de la présentation, le profil de l’audience, les enjeux perçus, les alternatives envisagées par vos interlocuteurs, les principales objections…
Pour aller plus loin, il faudrait même lui donner (ou lui demander de se renseigner) les principaux mécanismes de psychologie cognitive qui impactent la persuasion de l’audience en présentation.
En lui donnant ce contexte et les informations dans lesquelles piocher, l’IA peut vous aider à structurer le fond de votre présentation. Mais attention, comme nous le disions précédemment, il n’y a que vous, l’humain, qui a la finesse de comprendre ce qui se joue au niveau psychologique.
Ce sera donc à vous de challenger, itérer, tester cette structure pour être sûr qu’elle sera efficace.
3. Rédiger : reformuler les messages clés, pas créer l’intégralité du discours
Une fois le raisonnement construit, l’IA peut vous aider à formuler les messages clés, à trouver la phrase d’accroche de chaque partie, à reformuler des arguments trop techniques ou à adapter le registre de langage à votre audience, voire même traduire votre présentation.
Elle peut aussi vous assister dans la rédaction d’un discours à partir d’un plan détaillé (construit et validé dans une logique de persuasion), synthétiser un document long ou en isoler les points clés par rapport à votre objectif, ou encore tester la force d’un argument en jouant le rôle d’un interlocuteur sceptique.
En lui donnant des consignes pertinentes, vous pouvez même lui demander de vous donner des idées pour réaliser vos maquettes et représenter visuellement des éléments clés de votre discours. Encore une fois, c’est parce que le plan a été construit, que le discours a été pensé, rédigé, que vous pouvez ensuite vous projeter sur la création des maquettes. Il ne s’agit pas de faire générer des slides sur la base d’un document Word puis de générer un discours sur la base de ces slides. Dans cet ordre, vous courrez certainement vers l’échec.
Ce que l’IA ne peut pas faire à votre place
L’IA peut accélérer chacune des étapes précédentes. Elle peut vous aider à aller plus vite, à structurer votre pensée, à reformuler plus clairement.
Mais il y a un travail qu’elle ne peut pas faire à votre place : décider.
Décider quel est le vrai problème de votre audience, celui qu’elle n’a pas encore formulé, mais qui bloque la décision. Décider quels constats faire en ouverture pour créer les conditions d’une écoute favorable. Décider quel argument sacrifier parce qu’il affaiblit l’ensemble alors qu’il semble convaincant isolément.
Ce travail relève du jugement stratégique. Il suppose de comprendre non seulement ce que dit votre audience, mais ce qu’elle pense sans le dire. Il suppose de construire un cadre cognitif dans lequel votre solution devient évidente.
C’est là que se joue l’efficacité réelle d’une présentation à enjeu. Et c’est là que l’IA, seule, ne suffit pas.
L’IA est un accélérateur puissant. Elle change déjà la façon dont les équipes préparent leurs présentations. Et ce n’est qu’un début.
Mais une présentation à enjeu, commerciale, stratégique, ou en soutenance, ne se gagne pas à la vitesse de production des slides. Elle se gagne dans la qualité du raisonnement qui précède : la définition du bon problème, la construction du cadre dans lequel votre solution va être reçue, le choix des arguments qui vont créer l’adhésion plutôt que la résistance.
Sur ces questions, l’IA peut vous assister. Elle ne peut pas décider à votre place.
C’est la distinction qui compte. Et c’est elle qui sépare une présentation qu’on oublie d’une présentation qui convainc.
Et si vous souhaitez créer des présentations réellement convaincantes, Prezman est l’agence PowerPoint de référence en stratégie et design de présentation et nous accompagnons de nombreuses entreprises pour maximiser l’efficacité de leur rendez-vous commerciaux ou de leurs présentations stratégiques (Google, Visa, Amazon, Netflix, Alstom, Air Liquide, SNCF, Cartier, Hermès, LVMH, Eurotunnel, Lacoste, Vinci, Veolia, Eurovia, L’Oréal, Bic…). Parlons-en !
